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Camping sauvage en Espagne : dix-sept communautés, dix-sept régimes

« la loi espagnole » n'existe pas sur ce sujet. Chaque communauté autonome à la sienne, et certaines sont franchement sévères.

Par Sophie Chauveau Publié le Relu le 3 min de lecture

Camping sauvage en Espagne : dix-sept communautés, dix-sept régimes
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Le niveau qui décide

L’Espagne confie l’essentiel de la matière aux communautés autonomes, puis aux communes. Les Baléares, les Canaries, la Catalogne ou l’Andalousie ont chacune leur régime, et le littoral y est presque partout le point le plus contraint.

Le camping-car et la nuance qui compte
Le camping-car et la nuance qui compte — photo Efrem Efre / Pexels

Le camping-car et la nuance qui compte

C’est en Espagne que la distinction entre pernocta — passer la nuit dans un véhicule régulièrement stationné — et acampada — s’installer, sortir table et chaises, déployer un auvent — est la plus explicitement utilisée par les autorités locales. C’est exactement la distinction française entre stationner et camper, et elle s’applique de la même manière : restez un véhicule.

L’intérieur plutôt que la côte

Comme au Portugal, la pression est concentrée sur le littoral. L’Aragon, l’Estrémadure, la Castille offrent des espaces immenses, très peu fréquentés, et un rapport au voyageur bien plus détendu.

La règle qui vous concerne est locale

Avant de partir, vérifiez la règle de l’endroit exact où vous voulez passer la nuit. Il n’existe pas de règle unique valable pour tout un pays : la compétence appartient le plus souvent à l’échelon régional ou communal, et les espaces protégés ont chacun leur règlement propre. Trois réflexes : regardez sur place — un panneau vaut interdiction et vous est opposable ; demandez à l’autorité locale ; et dans un espace protégé, c’est le gestionnaire qui fait foi, pas la coutume du pays. Dans tous les cas, la réglementation en vigueur le jour de votre nuit s’applique.

Bivouac n’est pas camping sauvage

Ces deux mots ne désignent pas la même pratique, et c’est cette différence que les gestionnaires d’espaces naturels regardent. Le bivouac, c’est passer une seule nuit, monter tard, partir tôt, et ne rien laisser : l’abri est démonté et le lieu est rendu tel qu’on l’a trouvé. Le camping sauvage, c’est s’installer : rester, déployer du matériel, occuper un lieu. C’est ce second usage qui est visé par les interdictions. Beaucoup d’espaces protégés tolèrent le premier et interdisent le second, sous des conditions précises (horaires, distance des accès routiers, altitude). Ces conditions sont propres à chaque espace : lisez celles de l’endroit où vous allez.

Repartez sans laisser de trace

Tout ce que vous montez redescend avec vous, y compris les déchets organiques (épluchures, papier toilette) et l’eau savonneuse, qui ne se versent ni dans un lac, ni dans un torrent, ni dans une source. Pas de feu : hors emplacement aménagé et autorisé, il est interdit dans la plupart des espaces naturels, et le code forestier défend d’allumer du feu jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art. L. 131-1) — 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Pour les besoins naturels, éloignez-vous d’au moins 60 mètres de tout point d’eau, mais aussi des sentiers et de votre campement, creusez un trou de 15 à 20 cm de profondeur, et remportez le papier : il ne se brûle jamais. Ne dérangez ni les troupeaux ni la faune, et refermez les clôtures que vous ouvrez.

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