Camping à la ferme : la solution légale que personne ne regarde
C’est moins romanesque qu’un bivouac au bord d’un lac. Mais c’est la seule formule qui coche d’emblée la condition posée par la loi — l’accord de celui qui a la jouissance du sol.
Points à retenir
- L’article R. 111-32 du code de l’urbanisme autorise le camping isolé « hors de l’emprise des routes et voies publiques, avec l’accord de celui qui a la jouissance du sol ».
- « Camping à la ferme » représente environ 3 600 recherches par mois en France.
- Le camping à la ferme proprement dit : quelques emplacements chez un agriculteur, souvent sans électricité, à prix modeste.
- Prévenez. Ces accueils fonctionnent au contact, pas à l’improviste.
Pourquoi c’est juridiquement la voie simple
L’article R. 111-32 du code de l’urbanisme autorise le camping isolé « hors de l’emprise des routes et voies publiques, avec l’accord de celui qui a la jouissance du sol ». Chercher un terrain « à personne » est une impasse : tout sol à un propriétaire. Le camping à la ferme résout la question à la source — le propriétaire est là, et il est d’accord.

Ce que ça vaut, concrètement
« Camping à la ferme » représente environ 3 600 recherches par mois en France. C’est davantage que « camping sauvage » et que « bivouac France » réunis.
Et ce n’est pas un marché anecdotique. Sur la saison 2025, les emplacements nus — ceux des tentes, vans et camping-cars — ont progressé de +4,8 %, quand les emplacements équipés progressaient de +2,1 %. La fédération de l’hôtellerie de plein air attribue explicitement cette reprise à l’essor des vans et des camping-cars (données INSEE, dossier de presse 2026). En Bretagne, la hausse atteint +9,5 %.
Les trois formules à ne pas confondre
- Le camping à la ferme proprement dit : quelques emplacements chez un agriculteur, souvent sans électricité, à prix modeste.
- Le camping chez l’habitant : même principe hors exploitation agricole, chez un particulier.
- Les réseaux d’étape chez le producteur, sur abonnement annuel : la nuit est gratuite, l’accueil se fait chez des vignerons, fermiers ou artisans. Vérifiez les tarifs d’abonnement sur son site officiel avant d’adhérer.
Ce qu’il faut savoir avant d’arriver
- Prévenez. Ces accueils fonctionnent au contact, pas à l’improviste. Un appel la veille change tout.
- L’équipement est minimal : souvent un point d’eau et des sanitaires simples, parfois rien. Ce n’est pas un camping classé.
- Vous êtes sur une exploitation en activité : animaux, engins, horaires de travail. Refermez les clôtures, ne vous garez pas devant un accès.
- Achetez sur place quand c’est possible. C’est l’économie du système, et c’est ce qui le fait durer.
Repartez sans laisser de trace
Tout ce que vous montez redescend avec vous, y compris les déchets organiques (épluchures, papier toilette) et l’eau savonneuse, qui ne se versent ni dans un lac, ni dans un torrent, ni dans une source. Pas de feu : hors emplacement aménagé et autorisé, il est interdit dans la plupart des espaces naturels, et le code forestier défend d’allumer du feu jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art. L. 131-1) — 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Pour les besoins naturels, éloignez-vous d’au moins 60 mètres de tout point d’eau, mais aussi des sentiers et de votre campement, creusez un trou de 15 à 20 cm de profondeur, et remportez le papier : il ne se brûle jamais. Ne dérangez ni les troupeaux ni la faune, et refermez les clôtures que vous ouvrez.
Pour le cadre juridique complet : où dormir en pleine nature en France.


