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Destinations

Camping sauvage en Allemagne : pas de droit d’accès, contrairement à ce qu’on croit

Beaucoup de gens transposent à l'Allemagne le droit d'accès scandinave. C'est une erreur — l'Allemagne n'a rien de tel.

Par Sophie Chauveau Publié le Relu le 3 min de lecture

Camping sauvage en Allemagne : pas de droit d’accès, contrairement à ce qu’on croit
N° 11Destinations

Points à retenir

  1. Il n'existe pas en Allemagne d'équivalent de l'allemannsretten norvégien ou du droit d'accès suédois.
  2. L'Allemagne a développé un réseau très dense de Stellplätze, aires de stationnement dédiées aux camping-cars, souvent bon marché et bien équipées, y compris dans de petites communes.
  3. Plusieurs Länder ont créé des emplacements de bivouac officiels en forêt, réservables en ligne pour une nuit, à quelques euros.

Ce que l’Allemagne n’a pas

Il n’existe pas en Allemagne d’équivalent de l’allemannsretten norvégien ou du droit d’accès suédois. Le camping hors terrain aménagé y est réglementé par les Länder, avec des lois forestières et des règles de protection de la nature qui encadrent étroitement la nuit en pleine nature.

Ce qui existe à la place

L’Allemagne a développé un réseau très dense de Stellplätze, aires de stationnement dédiées aux camping-cars, souvent bon marché et bien équipées, y compris dans de petites communes. C’est probablement le meilleur réseau d’Europe, et il change complètement la façon de voyager dans le pays : on n’y cherche pas un spot, on y choisit une aire.

Les Trekkingplätze

Plusieurs Länder ont créé des emplacements de bivouac officiels en forêt, réservables en ligne pour une nuit, à quelques euros. C’est la réponse allemande au besoin de dormir en pleine nature : l’encadrer et l’organiser plutôt que l’interdire ou le tolérer.

La règle qui vous concerne est locale

Avant de partir, vérifiez la règle de l’endroit exact où vous voulez passer la nuit. Il n’existe pas de règle unique valable pour tout un pays : la compétence appartient le plus souvent à l’échelon régional ou communal, et les espaces protégés ont chacun leur règlement propre. Trois réflexes : regardez sur place — un panneau vaut interdiction et vous est opposable ; demandez à l’autorité locale ; et dans un espace protégé, c’est le gestionnaire qui fait foi, pas la coutume du pays. Dans tous les cas, la réglementation en vigueur le jour de votre nuit s’applique.

Bivouac n’est pas camping sauvage

Ces deux mots ne désignent pas la même pratique, et c’est cette différence que les gestionnaires d’espaces naturels regardent. Le bivouac, c’est passer une seule nuit, monter tard, partir tôt, et ne rien laisser : l’abri est démonté et le lieu est rendu tel qu’on l’a trouvé. Le camping sauvage, c’est s’installer : rester, déployer du matériel, occuper un lieu. C’est ce second usage qui est visé par les interdictions. Beaucoup d’espaces protégés tolèrent le premier et interdisent le second, sous des conditions précises (horaires, distance des accès routiers, altitude). Ces conditions sont propres à chaque espace : lisez celles de l’endroit où vous allez.

Repartez sans laisser de trace

Tout ce que vous montez redescend avec vous, y compris les déchets organiques (épluchures, papier toilette) et l’eau savonneuse, qui ne se versent ni dans un lac, ni dans un torrent, ni dans une source. Pas de feu : hors emplacement aménagé et autorisé, il est interdit dans la plupart des espaces naturels, et le code forestier défend d’allumer du feu jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art. L. 131-1) — 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Pour les besoins naturels, éloignez-vous d’au moins 60 mètres de tout point d’eau, mais aussi des sentiers et de votre campement, creusez un trou de 15 à 20 cm de profondeur, et remportez le papier : il ne se brûle jamais. Ne dérangez ni les troupeaux ni la faune, et refermez les clôtures que vous ouvrez.

Pour le cadre français : où dormir en pleine nature en France.