Camping sauvage : les amendes réelles, article par article
La plupart des pages qui annoncent un montant d'amende pour camping sauvage l'inventent. Nous avons compté quatorze chiffres différents sur le web francophone, sans un seul article de loi cité.
Points à retenir
- Article 131-13 du code pénal : 1re classe 38 € · 2e 150 € · 3e 450 € · 4e 750 € · 5e 1 500 € (3 000 € en récidive lorsque le règlement le prévoit).
- C'est la vraie raison de ne pas planter sa tente sur une plage classée ou au pied d'un monument : on ne change pas de montant, on change de nature d'infraction.
- Un arrêté municipal ne vous est opposable que s'il est affiché.
- Dans l'immense majorité des cas, la première intervention est une demande de départ, pas une verbalisation.
Voici ce que disent les textes, article par article. Une précision indispensable avant de lire le tableau : ce sont des maximums encourus, fixés par l’article 131-13 du code pénal, et non des amendes forfaitaires que vous paierez automatiquement. Le juge ou l’agent verbalisateur reste dans ces plafonds.
Le barème des contraventions, à la base de tout
Article 131-13 du code pénal : 1re classe 38 € · 2e 150 € · 3e 450 € · 4e 750 € · 5e 1 500 € (3 000 € en récidive lorsque le règlement le prévoit).
Ce que vous risquez, situation par situation
| Situation | Texte applicable | Classe | Maximum encouru |
|---|---|---|---|
| Camper malgré un arrêté municipal | art. R. 610-5 code pénal, en vigueur depuis le 17/02/2022 | 2e | 150 € |
| Bivouaquer en cœur de parc national | art. R. 331-64 code de l’environnement, en vigueur depuis le 05/06/2026 | 3e | 450 € |
| Pénétrer sans autorisation dans une propriété rurale ou forestière privée dont le caractère privé est matérialisé | art. 226-4-3 code pénal, en vigueur depuis le 04/02/2023 | 4e | 750 € |
| Stationnement gênant | code de la route — amende forfaitaire | 2e | 35 € (75 € majorée) |
| Stationnement très gênant — véhicule de plus de 20 m² en zone touristique délimitée | art. R. 417-11, I, 2° code de la route | 4e | 135 € forfaitaire (375 € majorée) + fourrière possible |
| Vidange d’eaux usées sur le domaine public routier | art. R. 116-2 code de la voirie routière | 5e | 1 500 € (3 000 € en récidive) |
| Allumer un feu à moins de 200 m des bois et forêts | code forestier, art. L. 131-1 | — | 135 € |
| Déversement de substances nuisibles dans les eaux | art. L. 216-6 code de l’environnement | délit | 2 ans de prison et 75 000 € |
Le cas le plus lourd, et le moins connu : ce n’est pas une amende
Camper dans un des lieux protégés de l’article R. 111-33 du code de l’urbanisme — rivage de la mer, site classé ou inscrit, site patrimonial remarquable, abords d’un monument historique, périmètre de captage d’eau — n’est pas une contravention. C’est un délit, réprimé au titre des articles L. 610-1 et L. 480-4 du code de l’urbanisme.
C’est la vraie raison de ne pas planter sa tente sur une plage classée ou au pied d’un monument : on ne change pas de montant, on change de nature d’infraction.
Trois précisions qui changent la lecture
- Un arrêté municipal ne vous est opposable que s’il est affiché. L’article R. 111-34 du code de l’urbanisme l’exige : affichage en mairie et panneaux aux points d’accès habituels. Sans cela, pas d’opposabilité.
- Une interdiction ne peut pas couvrir toute une commune. Le texte vise « certaines zones ». Une interdiction générale et absolue est régulièrement censurée par le juge administratif.
- Le stationnement abusif se compte en jours. L’article R. 417-12 du code de la route fixe le seuil à sept jours au même point — mais un arrêté municipal peut le réduire à 24 ou 48 heures. Ce n’est pas un droit acquis.
En pratique, que se passe-t-il vraiment ?
Dans l’immense majorité des cas, la première intervention est une demande de départ, pas une verbalisation. Le comportement compte plus que le texte : une tente montée à 20 h et démontée à 8 h, sans feu, sans déchet et sans bruit, ne crée de problème à personne. C’est une installation visible, prolongée et bruyante qui déclenche la sanction — et c’est exactement la différence entre bivouac et camping sauvage.
La règle qui vous concerne est locale
Avant de partir, vérifiez la règle de l’endroit exact où vous voulez passer la nuit. Il n’existe pas une règle unique valable partout en France, et ces arrêtés ne sont rassemblés dans aucune base nationale. Trois réflexes : regardez sur place (un panneau vaut interdiction et vous est opposable) ; appelez la mairie ; et si vous êtes dans un espace protégé, c’est le gestionnaire qui fait foi, pas la règle générale.
Seul l’arrêté en vigueur le jour de votre nuit fait foi.
Pour le cadre complet — ce qui est autorisé, où, et pourquoi le principe est la liberté — voyez notre page où dormir en pleine nature en France.


