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Matériel de bivouac : la liste qui tient dans 40 litres

La première fois, on emporte trop. La deuxième, on emporte encore trop. C’est en défaisant le sac au retour qu’on apprend.

Par Amélie Périn Publié le Relu le 3 min de lecture

Matériel de bivouac : la liste qui tient dans 40 litres
N° 04Matériel

Points à retenir

  1. Le matelas d’abord. C’est l’erreur la plus fréquente : le froid vient du sol, et le duvet écrasé sous le corps n’isole plus rien.
  2. Cuisine : un réchaud, une popote, une cuillère. Rien de plus.
  3. Repère de terrain, pas règle : au-delà de 20 % du poids de corps, la marche d’approche devient pénible pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude.

Pour une ou deux nuits en France, hors hiver — pas pour une expédition. Le principe directeur : si ça n’a pas servi deux week-ends de suite, ça sort du sac.

Matériel de bivouac : la liste qui tient dans 40 litres
Matériel de bivouac : la liste qui tient dans 40 litres — photo Tima Miroshnichenko / Pexels

Le couchage, dans cet ordre

  1. Le matelas d’abord. C’est l’erreur la plus fréquente : le froid vient du sol, et le duvet écrasé sous le corps n’isole plus rien. Repère : jusqu’à R 2 pour l’été, R 3 à R 4 pour les trois saisons en France.
  2. Le duvet ensuite, choisi sur sa température de confort, et calé sur le minimum atteint entre 4 h et 6 h du matin — pas sur la moyenne de la journée.
  3. L’abri. Tente légère ou tarp. En bivouac, une tente ne permettant pas la station debout est souvent la condition posée par les gestionnaires d’espaces naturels.

Le reste

  • Cuisine : un réchaud, une popote, une cuillère. Rien de plus.
  • Eau : deux litres au départ, plus de quoi filtrer ou traiter si le point d’eau est incertain.
  • Lumière : une frontale, et une réserve d’énergie.
  • Vêtements : un jeu sec réservé au sommeil. C’est le meilleur rapport confort/poids qui existe.
  • Sortie propre : un sac poubelle, une petite pelle, du papier — et de quoi remporter le papier.

Le poids, le seul arbitre

Repère de terrain, pas règle : au-delà de 20 % du poids de corps, la marche d’approche devient pénible pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude. Pour 70 kg, cela fait 14 kg tout compris. La méthode qui marche : tout poser au sol, puis retirer un tiers.

⚠️ Le réchaud, jamais à l’intérieur

Ne faites jamais fonctionner un appareil à combustion dans un espace clos. Réchaud, barbecue, brasero, chauffage d’appoint : à l’intérieur d’un van, d’une tente ou d’un auvent fermé, ils produisent du monoxyde de carbone, un gaz inodore, incolore et mortel. On ne le sent pas venir : maux de tête, nausées, fatigue, puis perte de connaissance pendant le sommeil. Gardez une ventilation permanente et installez un détecteur de monoxyde de carbone. En cas de maux de tête ou de nausée inexpliqués : ouvrez, sortez, appelez le 15 ou le 112.

Le monoxyde de carbone est la première cause de mortalité accidentelle par toxique en France : 4 000 à 6 000 intoxications et environ 300 décès par an (Santé publique France). La consigne officielle vise explicitement le « réchaud de camping ».

Repartez sans laisser de trace

Tout ce que vous montez redescend avec vous, y compris les déchets organiques (épluchures, papier toilette) et l’eau savonneuse, qui ne se versent ni dans un lac, ni dans un torrent, ni dans une source. Pas de feu : hors emplacement aménagé et autorisé, il est interdit dans la plupart des espaces naturels, et le code forestier défend d’allumer du feu jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art. L. 131-1) — 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Pour les besoins naturels, éloignez-vous d’au moins 60 mètres de tout point d’eau, mais aussi des sentiers et de votre campement, creusez un trou de 15 à 20 cm de profondeur, et remportez le papier : il ne se brûle jamais. Ne dérangez ni les troupeaux ni la faune, et refermez les clôtures que vous ouvrez.

Pour savoir où poser tout ça légalement : où dormir en pleine nature en France.