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Destinations

Bivouac et camping à Fontainebleau : ce qui est vrai, ce qui ne l’est pas

Fontainebleau est le massif le plus fréquenté de France par les grimpeurs, et c’est précisément ce qui rend la nuit sur place compliquée. Un site très fréquenté est un site très surveillé.

Par Sophie Chauveau Publié le Relu le 4 min de lecture

Bivouac et camping à Fontainebleau : ce qui est vrai, ce qui ne l’est pas
N° 03Destinations

Points à retenir

  1. La forêt de Fontainebleau est une forêt domaniale, gérée par l’Office national des forêts.
  2. Le feu, jamais. Le code forestier interdit d’allumer un feu jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art.
  3. Les campings du secteur. Plusieurs campings municipaux et privés bordent le massif, avec des emplacements nus à prix modeste.

Le massif attire toute l’année : bloc, randonnée, sortie à la journée depuis Paris. La question « peut-on y dormir ? » revient donc en permanence, et les réponses trouvées en ligne sont contradictoires.

La nature juridique du lieu

La forêt de Fontainebleau est une forêt domaniale, gérée par l’Office national des forêts. Elle comporte en outre des zones protégées à divers titres, dont des réserves biologiques. Ce statut change tout : dans un espace géré, c’est le règlement du gestionnaire qui s’applique, pas la règle générale du code de l’urbanisme.

Pour Fontainebleau précisément, la source qui fait foi est l’agence ONF du massif et la signalétique sur place.

Les trois contraintes réelles du massif
Les trois contraintes réelles du massif — photo Suhali Vyas / Pexels

Les trois contraintes réelles du massif

  • Le feu, jamais. Le code forestier interdit d’allumer un feu jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art. L. 131-1), amende de 135 €. Sur un massif de grès, sec et très fréquenté, c’est la règle la moins négociable de toutes.
  • Le risque incendie en été. L’accès aux massifs forestiers peut être réglementé jour par jour par arrêté préfectoral. La Météo des forêts de Météo-France est publiée chaque jour à 17 h pour le lendemain, département par département. Un bivouac possible en juin peut être interdit en août au même endroit.
  • La fréquentation. Les parkings d’accès aux sites de bloc sont surveillés, et une nuit passée dans un véhicule sur un parking forestier n’est pas la même chose qu’un bivouac en pleine nature — juridiquement comme en pratique.

Bivouac n’est pas camping sauvage

Le bivouac, c’est passer une seule nuit, monter tard, partir tôt, et ne rien laisser : l’abri est démonté et le lieu rendu tel qu’on l’a trouvé. Le camping sauvage, c’est s’installer : rester, déployer du matériel, occuper un lieu. C’est ce second usage qui est visé par les interdictions. Beaucoup d’espaces protégés tolèrent le premier et interdisent le second, sous des conditions qui leur sont propres.

Ce qui fonctionne, concrètement

  1. Les campings du secteur. Plusieurs campings municipaux et privés bordent le massif, avec des emplacements nus à prix modeste. Pour deux nuits, c’est la solution qui ne pose aucune question.
  2. Le camping à la ferme dans les communes alentour : un accord explicite du propriétaire, ce qui satisfait la condition posée par l’article R. 111-32.
  3. Arriver tôt, repartir tard — la journée sur le massif, la nuit hors du massif. C’est ce que font la grande majorité des grimpeurs réguliers.

Si vous venez en van

La question change de nature : un véhicule sur une voie ouverte à la circulation stationne, il ne campe pas — et le stationnement relève du droit commun. Mais attention, deux limites s’appliquent : le stationnement ne doit être ni dangereux, ni gênant, ni abusif (sept jours au même point, art. R. 417-12, réductible par arrêté municipal) ; et les parkings forestiers peuvent faire l’objet d’une réglementation propre, y compris de fermeture nocturne.

La règle qui vous concerne est locale

Avant de partir, vérifiez la règle de l’endroit exact où vous voulez passer la nuit. Il n’existe pas une règle unique valable partout en France : le principe général est posé par le code de l’urbanisme, mais le maire et le préfet peuvent interdire ou restreindre le camping et le stationnement sur tout ou partie de leur territoire, par arrêté. Ces arrêtés ne sont rassemblés dans aucune base nationale. Trois réflexes, dans cet ordre : regardez sur place — un panneau à l’entrée de la commune, du parking ou du chemin vaut interdiction et vous est opposable ; appelez la mairie ; et si vous êtes dans un espace protégé, c’est le gestionnaire de cet espace qui fait foi, pas la règle générale. Seul l’arrêté en vigueur le jour de votre nuit fait foi.

Repartez sans laisser de trace

Tout ce que vous montez redescend avec vous, y compris les déchets organiques et l’eau savonneuse. Pas de feu : le code forestier l’interdit jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art. L. 131-1), amende 135 € — 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Pour les besoins naturels, éloignez-vous d’au moins 60 mètres de tout point d’eau, des sentiers et de votre campement, creusez un trou de 15 à 20 cm, et remportez le papier : il ne se brûle jamais.

Pour le cadre juridique complet : où dormir en pleine nature en France. Pour l’ensemble de la région : bivouac en Île-de-France.