Camping sauvage en Islande : la loi a changé, et beaucoup l’ignorent encore
L'image de l'Islande où l'on dort n'importe où date d'avant 2015. Le pays a resserré ses règles précisément parce que cette image avait attiré trop de monde.
Ce qui a changé
Face à une croissance touristique très rapide et à une érosion visible des sites, l’Islande a restreint la possibilité de passer la nuit hors des zones prévues à cet effet, en particulier pour les véhicules habitables, tentes de toit comprises. Ce qui est vérifiable et fait foi, c’est la signalétique sur place et l’information des gestionnaires de sites.

Le réseau de campings
L’Islande compte un réseau de campings bien réparti, ouverts principalement en saison. C’est la voie normale, et elle est incontournable pour un tour de l’île en véhicule.
Le vrai sujet : le vent et les pistes
Au-delà du droit, deux réalités islandaises comptent davantage que partout ailleurs. Le vent : il détruit des tentes chaque été, et il impose de choisir son emplacement en fonction de l’abri, pas de la vue. Et les pistes F : elles sont interdites aux véhicules non adaptés, fermées une grande partie de l’année, et la traversée de gués engage votre responsabilité et votre assurance.
La règle qui vous concerne est locale
Avant de partir, vérifiez la règle de l’endroit exact où vous voulez passer la nuit. Il n’existe pas de règle unique valable pour tout un pays : la compétence appartient le plus souvent à l’échelon régional ou communal, et les espaces protégés ont chacun leur règlement propre. Trois réflexes : regardez sur place — un panneau vaut interdiction et vous est opposable ; demandez à l’autorité locale ; et dans un espace protégé, c’est le gestionnaire qui fait foi, pas la coutume du pays. Dans tous les cas, la réglementation en vigueur le jour de votre nuit s’applique.
Bivouac n’est pas camping sauvage
Ces deux mots ne désignent pas la même pratique, et c’est cette différence que les gestionnaires d’espaces naturels regardent. Le bivouac, c’est passer une seule nuit, monter tard, partir tôt, et ne rien laisser : l’abri est démonté et le lieu est rendu tel qu’on l’a trouvé. Le camping sauvage, c’est s’installer : rester, déployer du matériel, occuper un lieu. C’est ce second usage qui est visé par les interdictions. Beaucoup d’espaces protégés tolèrent le premier et interdisent le second, sous des conditions précises (horaires, distance des accès routiers, altitude). Ces conditions sont propres à chaque espace : lisez celles de l’endroit où vous allez.
Repartez sans laisser de trace
Tout ce que vous montez redescend avec vous, y compris les déchets organiques (épluchures, papier toilette) et l’eau savonneuse, qui ne se versent ni dans un lac, ni dans un torrent, ni dans une source. Pas de feu : hors emplacement aménagé et autorisé, il est interdit dans la plupart des espaces naturels, et le code forestier défend d’allumer du feu jusqu’à 200 mètres des bois et forêts (art. L. 131-1) — 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Pour les besoins naturels, éloignez-vous d’au moins 60 mètres de tout point d’eau, mais aussi des sentiers et de votre campement, creusez un trou de 15 à 20 cm de profondeur, et remportez le papier : il ne se brûle jamais. Ne dérangez ni les troupeaux ni la faune, et refermez les clôtures que vous ouvrez.
Pour le cadre français : où dormir en pleine nature en France.


